André Grenier : « L’une des forces du Brabant wallon, c’est le numérique »


12 novembre 2020

À partir de lundi, l’enseignement devra une nouvelle fois s’adapter et se réinventer pour pouvoir ouvrir les écoles et poursuivre les cours afin d’offrir une éducation aux jeunes malgré la pandémie et les mesures sanitaires et de distanciation qui en découlent. André Grenier, le directeur de l’administration de l’enseignement provincial du Brabant wallon, nous raconte l’évolution de l’apprentissage du numérique dans les établissements de la province.

Les changements effectifs dès le 16 novembre

Les élèves de première et de deuxième année secondaire seront présents toute la semaine à l’école à l’inverse de ceux des années supérieures qui alterneront entre un enseignement distanciel et présentiel. Une semaine sur deux, ils seront priés de rester à leur domicile afin de suivre les cours par ordinateur via la plateforme « Teams » pour l’enseignement provincial.

Les regroupements sportifs étant non autorisés, les cours d’éducation physique seront modifiés et les professeurs donneront alors des cours sur la santé et la nutrition. Les cours philosophiques connaîtront également un changement puisqu’il sera désormais impossible de mélanger plusieurs classes. Ainsi, des activités seront préférées afin d’éviter la propagation du virus.

Une attention particulière apportée aux familles en nécessité

La fracture numérique est un risque pour les élèves qui n’ont pas accès à un ordinateur et à une connexion wifi à leur domicile puisqu’ils n’ont pas la capacité de suivre les cours en distanciel. « Nous travaillons depuis septembre sur cette éventuelle problématique. Ce qui nous a permis d’avoir une belle réactivité ici, sur le terrain. Nous avions donc prévu un remplacement : nous avons quand même 150 à 200 familles qui ont exprimé le besoin d’avoir du matériel complémentaire ». Ainsi, des ordinateurs obsolètes ont été récupérés dans des institutions et des entreprises afin de les remettre à jour par l’intervention des équipes informatiques de l’enseignement provincial et des enseignants en informatiques. Un fournisseur internet a également accepté d’émettre pendant un temps limité, et aux zones délimitées, une connexion internet où les élèves peuvent se connecter pour assister aux cours et rendre des préparations et exercices à leurs professeurs. Si, malheureusement, des problèmes persistent, les écoles resteront ouvertes et ces élèves auront accès aux locaux informatiques.

Enseignant : un métier qui doit se réinventer sans cesse

Il était essentiel, selon André Grenier, d’être en contact avec les enseignants du circuit de l’enseignement provincial afin d’être présent pour être à l’écoute, rassurer, en somme « prendre ses responsabilités » parce que le métier a connu, au cours des derniers mois, de profondes modifications organisationnelles. Un constat que l’enseignement provincial a rapidement pris en main en proposant des formations virtuelles spécifiques aux enseignants au travers d’un catalogue numérique aussi bien pour les débutants que pour les plus expérimentés, à la demande du Collège provincial.

Malheureusement, tous les cours ne peuvent être données en distanciel. Il s’agit notamment des branches techniques telles que l’horeca ou la mécanique. Lors de la semaine en cours virtuels, des activités seront donc proposées par les professeurs afin de poursuivre leurs formations malgré la crise car « l’évolution pédagogique et éducative d’un jeune est quand même une priorité. Et donc, nos enseignants doivent être sur le front, doivent assurer leur mission, se réinventer pour qu’à la fin de l’année, les compétences du jeune soit malgré tout atteintes ».

Le numérique : l’une des forces du Brabant wallon

L’apprentissage et l’utilisation du numérique était déjà un projet amorcé par le pouvoir organisateur depuis deux ans au travers du projet : « l’enseignement du et par le numérique ». Il consiste à inclure les nouvelles technologies au coeur même de l’enseignement aussi bien pour les élèves que pour les enseignants au travers d’adaptation de cours pour les uns et des propositions de formations pour les seconds. Des cours de codage sont ainsi destinés aux élèves de première année lors du cours de « techno » et un cours de programmation est déjà en place à l’IPAM et de l’I.P.E.T. de Nivelles pour les élèves de première année et bientôt ceux de deuxième année. L’enseignement provincial sollicite dans ce sens la création d’une option codage en collaboration avec la Fédération Wallonie-Bruxelles afin de renforcer l’une des forces du Brabant wallon : le numérique.

Ce projet a également été bénéfique pour la province puisqu’elle a pu répondre rapidement aux exigences de terrain et contenir le coût du passage au numérique, bien qu’onéreux. De nombreuses dépenses ont déjà été effectuées : équipements des écoles, adresses mail pour les élèves et enseignants, etc. 

« La crise COVID a un peu accéléré cette transition » entre un enseignement traditionnel et numérique, conclu André Grenier.

Laura Desmedt
Crédit photo : Le Brabant wallon