Brabant wallon: La grande débrouille des magasins de jouets


24 novembre 2020

Saint-Nicolas et Noël arrivent à grand pas. Les magasins de jouets du Brabant wallon sont obligés de se repenser et de travailler à un rythme effréné pour limiter la casse. 

L’effervescence qui anime habituellement les magasins de jouets à cette période est loin de rencontrer celle des années précédentes. Depuis la fermeture des commerces non-essentiels le 02 novembre dernier, de nombreuses enseignes du secteur ont dû se réinventer pour être à la hauteur de ce moment crucial de l’année. 

"On avait vu arriver ce qu’il nous arrive", glisse Olivier Fieuw, gérant du Zèbre à pois. "À la fin du premier confinement, tout le monde parlait d’une deuxième vague; on a anticipé pour y faire face. On a beaucoup travaillé entre mai et octobre sur notre site internet afin que notre sélection de produits en magasin s’y retrouve."

Cette enseigne, qui compte 4 magasins à Nivelles, Louvain-la-Neuve et Waterloo, tente de répondre au maximum aux nombreuses demandes, via internet ou par téléphone. "Notre site permet 3 choses: le retrait en magasin d’une commande, la livraison à domicile ou dans un point relais. En cette période, une personne est de permanence pour permettre aux clients de venir retirer leur commande en magasin. Pour le reste, nous nous chargeons nous-mêmes de la livraison à domicile dans un périmètre géographique proche. Nous souhaitons éviter de subir les aléas de la poste dont on parle ces derniers jours et qui risquent de s’amplifier jusqu’à la fin de l’année", remarque M. Fieuw. 

Journées infernales

Un service sans impact sur le prix pour des achats supérieurs à 60 euros et qui séduit par sa rapidité. "Je pense que c’est ce qui fait notre succès. En quelque 24 heures, la commande est prête pour être enlevée en magasin ou livrée à domicile. Si le client choisit la voie postale, toutes les commandes passées avant 21h se retrouvent le lendemain au bureau de poste. Mais, le temps d’expédition ne dépend malheureusement plus de nous." 

Contraints et forcés de modifier leur façon de travailler, les gérants de magasins de jouets vivent des journées interminables. "Pour vous donner une idée, à cette période-ci, nous vivons des journées de 11-12h. Cette année, on en est à 15-16h de travail par jour. Ce sont des journées totalement infernales. On voit à peine nos trois enfants." 

Un rythme qui risque de se poursuivre, en dépit du comité de concertation prévu ce vendredi. "Au vu des déclarations politiques et de la situation dans les hôpitaux, je pense que rien ne va changer. Et une réouverture des magasins le 13 décembre, - si elle a lieu -, entraînerait des contraintes tellement importantes qu’au final, être ouvert ne serait pas mieux que de vivre la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui". 

"Nos clients nous manquent terriblement"

Une situation qui pousse notre interlocuteur à éviter de spéculer. "Depuis le début du second confinement, on se concentre exclusivement sur le service qu’on peut offrir à nos clients. On ne peut pas se rendre compte à quel point nos clients sont demandeurs de notre présence, de nos services, conseils et livraisons rapides. C’est vraiment ce à quoi on s’attelle depuis 3 semaines. Et on risque de devoir continuer de la sorte jusqu’au 31 décembre."

Pour autant, cette forme de fatalisme s’accompagne de nombreuses inquiétudes. "Les deux derniers mois de l’année représentent 45% de notre chiffre d’affaires annuel. Et là, depuis, début novembre, on parvient péniblement à atteindre la moitié de cette proportion. Malheureusement, on se rend compte depuis 3 semaines qu’il est impossible de faire les mêmes chiffres d’affaires que ceux que nous faisons quand nos magasins sont ouverts. Le conseil que nous donnons à nos clients nous manque, nos clients nous manquent terriblement. La réorganisation n’est pas du tout le même métier que ce qu’on a l’habitude de faire. La période est compliquée."

Loïc Struys

Crédit photo : Pixabay - illustration.