Nivelles: "L'absentéisme est ridicule par rapport à celui d'avant les vacances"


17 novembre 2020

Les élèves sont de retour en classe. Les écoles primaire et, surtout, secondaire jonglent avec les nouveaux protocoles. Toutes croisent les doigts pour retrouver une forme de normalité jusqu’aux vacances de Noël. Focus sur deux écoles de Nivelles.

Après deux semaines d’arrêt, la journée de lundi marquait le retour en classe des élèves de maternelle, primaire et secondaire. Un retour à l’école en code rouge avec, pour chaque établissement, le devoir d’appliquer de nouveaux protocoles, selon les sections. À l’école primaire du Béguinage de Nivelles, seule la sortie des classes a subi une nouvelle organisation, afin de gérer un flux des 540 élèves.

"Avant le congé, les parents de primaires rentraient dans la cour", précise Jean-Luc Goffin, directeur de cet établissement situé en plein cœur de la cité aclote. "Désormais, on a ciblé 4 sorties: une partie de l’école sort par la salle de gym (rue de Soignies, ndlr), une autre par le 1 de la rue du Béguinage, l’autre partie par le 1A. Et une quatrième partie sort par la grille principale. La volonté d’éviter des attroupements à l’entrée a été respectée. Cela s’est relativement bien passé", assure-t-il, saluant la bonne collaboration des parents. "Les parents ont reçu un email ce week-end avec les nouvelles consignes. Ils collaborent parfaitement." 

En dehors des activités parascolaires annulées, tous les cours se donnent normalement et l’ensemble du personnel pédagogique était présent pour cette reprise. "Parmi les enfants, nous avons dénombré quelques absences, dues à des quarantaines. Mais le taux d’absentéisme est ridicule par rapport à celui que l’on a connu avant les vacances."

Fermeture précoce

Touché par une vague de contaminations, le Béguinage avait été contraint de fermer quelques jours avant les vacances de Toussaint. "On a fermé deux jours et demi avant les congés. On a fermé le mercredi, jeudi et vendredi. Dans l’équipe, on était une quinzaine à être en quarantaine ou en congés de maladie. Nous nous sommes retrouvés face à une décision inéluctable." 

Pour M. Goffin, les quinze jours de congés ont permis au personnel enseignant et aux élèves de se soigner et de recharger les batteries. "Chacun a essayé, même en quarantaine, de garder le contact avec les élèves. On essaie de garder le cap avec les classes. Chacun est revenu en forme, en espérant pouvoir tenir le coup durant 5 semaines."

Le constat est identique dans l’établissement mère du Béguinage, l’Enfant-Jésus. "On peut dire que, globalement, chez nous ça se passe bien. Que la motivation est là. Maintenant, il faudra qu’elle tienne la route jusqu’au bout, ça se sera une autre paire de manches. Mais jusque-là, on n’a pas de quoi se plaindre", constate Olivier Meinguet, le directeur.

Une nouvelle positive compte tenu des nouveaux protocoles imposés à l’enseignement supérieur et ce, dès la 3e secondaire, où l’enseignement hybride est devenu la norme. "Mais heureusement, pour une fois, on a laissé une certaine autonomie aux écoles pour l’organiser. À charge aux pouvoirs organisateurs de décider."

Classes inversées

L’Enfant-Jésus (EJ) a suivi l’obligation de réduire de moitié le nombre d’élèves présents en optant pour une classe inversée. "On a divisé les classes en 2: une moitié des élèves est présente la première partie de la semaine. Et l’autre moitié, la seconde partie. Les profs donnent du travail à distance et en classe. Je dois avouer que c’est assez compliqué. À partir de mercredi, l’autre moitié va revenir à l’école. Et puis, on alternera sur les cinq semaines qui nous restent jusqu’à la fin du trimestre."

L’EJ a opté pour cette formule pour favoriser le respect des mesures sanitaires. "Cela aurait été plus facile d’organiser des grands groupes qui viennent au complet une semaine sur deux. Mais, pour respecter les mesures sanitaires, c’était plus simple d’opter pour cette solution. La grosse difficulté, ce sont les flux, les temps de midi. C’est pour ça qu’on a opté pour les formules de demi-groupes. Cela permet aux élèves de manger ensemble en classe."

Examens annulés

Au total, 600 élèves sont concernés par cette réorganisation qui va perdurer jusqu’aux vacances de Noël. Sous réserve de nouvelles mesures. "Qui sait ce qui va se passer? Personne. Il va y avoir une évaluation aux alentours du 1er décembre. Qu’est-ce qui va encore évoluer? Je n’en sais rien. Va-t-on être totalement confiné après? On nous a dit que ce serait jusqu’à la fin du trimestre (jusqu’au 18 décembre, ndlr), et on compte bien que ça reste comme ça. Du coup, on a décidé de supprimer tous les examens du mois de décembre, ainsi que les réunions de parents, les conseils de classe ou les activités extra-muros. Ce qui n’est pas plus mal, parce qu’on a un certain retard à rattraper. Les élèves poursuivront leur apprentissage jusqu’au dernier jour.”

La décision d’annuler les examens a également été prise au Béguinage. Si les deux directions saluent la façon dont les mesures sont respectées au sein de leur établissement, elles insistent pour qu’elles se poursuivent en dehors de l’école. "On fait respecter toutes les règles en interne, mais on n’a pas de prise sur l’extérieur. À l’extérieur, on ne sait pas trop ce qu'il se passe. Ce n’est pas notre job", insiste M. Meinguet. "Il est important d'insister auprès des parents: il faut œuvrer pour la sécurité de tous. Il ne sert à rien de mettre son enfant à l’école s’il est malade. On met le reste de la classe et les adultes en danger", conclut M. Goffin.

Loïc Struys

Crédit photo : pixabay - illustration