Nivelles : les salons de beauté et de tatouage sont ouverts !


01 mars 2021

Après les coiffeurs, les autres métiers de contact rouvrent leurs portes ce lundi 1er mars. À Nivelles, Ultrason est allée à la rencontre de deux d’entre eux : Dimitri Luts du salon de tatouage DIMTATOO et Sophie Hoffmann de l’institut de beauté The Beauty Room. Ces quatre mois de fermeture forcée ont été difficiles, mais ils sont prêts à accueillir leur clientèle en toute sécurité.

Un choix incompréhensible de la part du gouvernement

Les coiffeurs ont pu reprendre le cours de leurs activités dès le 13 février, tandis que les autres métiers de contact n’ont pu rouvrir que ce lundi matin. Pour certains, c’est incompréhensible, voire injuste :

« Pour moi, c’est un non-sens. Nous, on exerce une politique d’hygiène bien plus forte que ces métiers-là. Pour pouvoir ouvrir notre commerce, nous avons dû passer un test avec un médecin urgentiste. C’est une formation assez poussée. Elle dure plusieurs jours, et à la fin, nous devons passer un examen de type chirurgical. On a l’habitude de l’hygiène : on doit régulièrement, pour la sécurité de nos clients, se faire tester pour tout ce qui concerne les maladies transmissibles. Je n’ai pas compris pourquoi on nous a demandé d’arrêter. » explique, Dimitri, notre tatoueur nivellois.

Le mari de Sophie est coiffeur. Elle voit donc les choses d’un autre œil : « Mon époux a pu rouvrir il y a deux semaines et j’ai trouvé cela un peu injuste au départ. Depuis le début, j’ai eu les mêmes règles au niveau sanitaire que lui et ses collègues. Au premier déconfinement, je n’ai eu aucune plainte de clientes qui seraient tombées malades. Je n’ai pas non plus eu le covid-19 [...] Cette situation était injuste, mais je l’ai acceptée. Je pense qu’ils ont fait cela pour permettre une réouverture en douceur. ».

Des mesures identiques à celles demandées aux coiffeurs

Les mêmes règles sanitaires ont été imposées à tous les métiers de contact. Coiffeurs compris. Ils ne comprenent donc pas ce décalage de deux semaines. 

La gérante du salon The Beauty Room, en plus du gel hydroalcoolique, des masques et du désinfectant s’est aussi munie d’un détecteur de CO2 afin de vérifier si la pièce est assez ventilée. « On nous demande de travailler sur rendez-vous avec 10 minutes entre chaque client pour pouvoir avoir le temps de tout désinfecter. Je travaille également avec du linge jetable, et surtout, je travaille seule. C’est plus simple. ».

Notre tatoueur n’a pas investi dans une telle installation car son atelier est déjà équipé d’une ventilation. Tout cela n’a fait que renforcer son désarroi : « On ne nous a rien demandé de plus que ce dont nous sommes équipés depuis le début. Il faut une ventilation et mon local est déjà ventilé 24h/24. Et tout le reste [masques, désinfectant, gel hydroalcoolique, …] on l’avait aussi. Je ne comprends donc vraiment pas pourquoi on nous a demandé de rester fermés. ».

Une situation financière difficile

Sophie a eu droit à des aides qui n’étaient pas taxées ainsi qu’au double droit passerelle - dont elle devra reverser une partie. Elle a préféré se serrer la ceinture au niveau privé pour pouvoir payer ses charges professionnelles. « À 50 ans, on a eu le temps de mettre un peu d’argent de côté. Cependant, toute une partie est partie en fumée. C’est ça le plus dur. On ne le récupérera jamais. Il faudrait que je travaille 7j/7, nuit et jour, pour récupérer tout ce que j’ai pris sur mon compte épargne. Mais il faut regarder devant soi. On essaie d’être positifs. À partir de lundi, on a beaucoup de monde et ça va nous permettre d’avancer. ».

Dimitri a lui aussi reçu quelques primes, mais n’a pas pu demander le droit passerelle. Il a contacté l’organisme qui s’occupe de ces aides et ce dernier lui a répondu qu’il y aurait peut-être droit dans 2 ans. Comme il le dit si bien : « Dans deux ans, je n’en aurai plus besoin. ».
Dimitri n’est pas encore à 100 % indépendant. Son autre emploi lui permet de payer une partie de ses factures personnelles et professionnelles, mais ce n’est pas assez. « Une personne de la famille m’a aidé. Heureusement qu’elle était là, sinon c’était un peu "la panique à bord". Il faut bien savoir qu’on doit continuer à vivre, à payer les factures, les charges, le loyer et les taxations professionnelles. J’ai aussi un fils à l’université et une fille qui va bientôt y rentrer. Il faut prévoir, anticiper tout cela et mettre de l’argent de côté. ».

Des clients aussi impatients que les commerçants

Que ce soit chez DIMTATOO ou dans l’institut de beauté, The Beauty Room, les clients sont très enthousiastes vis-à-vis de cette réouverture.

« Les clients sont demandeurs, ça fait partie de leur liberté. Le tatouage, c’est plus un mode d’expression par le corps. Ma clientèle est fort ciblée sur des gens de mon âge, c’est-à-dire la quarantaine. C’est un moment de la vie où on se remet en question et où on a besoin de se cibler. Le corps sert donc de dialogue […] J’avais misé sur une réouverture le premier mars et mon agenda est déjà rempli jusqu’à la mi-juillet ! […] À partir du moment, où on touche le client, qu’on a un contact avec lui, il a une certaine libération, il se confie. On n’est peut-être pas importants, on n’est pas un métier capital aux yeux de certaines personnes. Mais pour d’autres, lorsqu’elles viennent chez nous et qu’on leur procure du bien-être, c’est très précieux pour eux, plus que beaucoup de choses. C’est parfois un aboutissement, un changement de vie, une étape décisive... » précise Dimitri Luts.

« Moi, ça m’a beaucoup manqué de ne plus avoir de contact physique et social avec mes clientes. Je passe quand même dix heures par jour dans mon institut et on parle de choses très personnelles. […] Tout au long de la fermeture, j’ai des clientes qui m’ont soutenue par mail, par sms, etc. Elles sont dans l’attente d’une réouverture. Mes trois premières semaines sont complètes […] Au niveau de la prise de rendez-vous, les gens ont pris les choses habituelles. Mais j’ai énormément de clientes qui en ont pris des plus complets comme des soins bien être ou des massages du corps. Des choses qu’elles ne faisaient pas. Elles me l’ont avoué. » nous raconte Sophie Hoffmann.

Ils sont tous deux ravis de cette réouverture. Ils ont envie de retrouver ce contact avec leurs clients qui leur a tant manqué.

Dimitri s’est lancé dans de nouveaux projets artistiques pendant cette pause forcée. Il est plus que jamais disposé à reprendre ses aiguilles en main.


Sophie, elle, conclut avec ceci : « On a été fermés 4 mois. C’était très long et dur. Mais il ne faut pas avoir peur de pousser la porte. On est prêts et équipés. On vous attend et on a tout ce qu’il faut pour respecter les mesures sanitaires. Nous avons, tous, besoin de votre soutien. ».

Guillaume Picalausa

Crédits Image : Tous droits réservés.