Un Brainois traverse la Belgique pour lutter contre le cancer pédiatrique


15 octobre 2020

Parcourir les 450 kilomètres séparant Aubange à De Panne. Voilà le "pari fou" de Thierry Vandevelde, habitant de Braine-le-Comte, bien décidé à en découdre avec le cancer pédiatrique. Un long périple à travers la Belgique en 9 étapes et dont le grand départ sera donné à Aubange ce samedi 17 octobre. L'arrivée à De Panne est quant à elle, fixée le dimanche 25 octobre prochain.

Naissance du projet : le décès d'Orvil

Orvil, c'est le prénom du garçon de 12 ans qui a inspiré le projet de Thierry. Atteint d'un cancer foudroyant, le petit garçon a perdu son combat contre la maladie le 2 juin 2019. Orvil était le fils de deux amis de longue date de Thierry. L'après-midi des funérailles, Thierry a perdu un pari dont l'enjeu était de traverser la Belgique en courant. "Avec des amis, nous étions en train de discuter de la distance la plus longue qui séparait deux points en Belgique" nous explique-t-il. "Certains estimaient cette distance à 300 km environs, d'autres planchaient plus vers 350 ou 400 km. C'est à ce moment là que j'ai pris un dé en leur disant que peu importe la distance, je la parcourrai à pieds si je tombe sur un six ! J'ai lancé le dé et c'est effectivement le six qui est sorti."

C'est alors que Thierry a eu l'idée de donné du sens à son pari. "Vu les circonstances dramatiques dans lesquelles ce défi est né, j'ai très vite voulu associer mon défi à la lutte contre le cancer pédiatrique." Par cette initiative, l'idée du KickCancer Challenge était née.

Un challenge ouvert à tous

Le KickCancer Challenge est un projet qui se veut avant tout participatif. Thierry Vandevelde s'est d'ailleurs beaucoup servit des réseaux sociaux comme principal outil de communication, en postant des vidéos régulièrement et en créant une communauté d'internautes appelés les "Kickers", en référence au nom du défi. "Un évènement déclencheur de l'agrandissement de la communauté d'internautes, c'est un moment ou j'ai proposé aux gens de poster leur(s) run(s) de la semaine et moi, je comptabilisais tous les kilomètres qu'ils avaient parcourus sur la semaine. J'additionnais donc le tout et le but était d'atteindre les 450 kilomètres, puisque c'est la distance qui sera parcourue à l'occasion du KickCancer Challenge." 

Un objectif rapidement atteint, puisque le compteur a dépassé les 1000 km à 16 reprises, sur les 19 semaines enregistrées. La distance record à d'ailleurs avoisiné les 1500 km.

Par ailleurs, Thierry Vandevelde appelle les Kickers ainsi que tout ceux qui le souhaitent, à l'accompagner sur son parcours. Le tracé des 9 étapes à en effet été publié sur les réseaux sociaux. En raison de leur longueur conséquente, les étapes ont même été découpées en plusieurs segments, afin que la condition physique ne soit pas un frein à la participation. Runners ou supporters, toutes et tous sont les bienvenus sur les routes du KickCancer Challenge. "Chaque étape est divisée en segments pour permettre à tout un chacun de participer. L'idée de ce projet, c'est de réussir à accomplir quelque chose ensemble, c'est d'être solidaires pour pouvoir arriver au bout de ces 450 kilomètres."

Une préparation physique intensive

Cela ne fait aucun doute, en courant quotidiennement une moyenne de 50 kilomètres durant 9 jours, Thierry Vandevelde va devoir repousser ses limites pour arriver au bout d'un exercice physique d'une telle intensité. Durant plusieurs mois, il s'est d'ailleurs lancé dans un programme de préparation très intensif. "Il y a quelques mois, je me suis décidé à prendre un coach" explique-t-il. "L'entraînement a été principalement basé sur la gestion de l'endurance et de la fatigue. Je faisais souvent du vélo avant de commencer à courir par exemple. La gestion de la fatigue est le point le plus important puisqu'il ne s'agît pas de courir une cinquantaine de kilomètres une seule fois. Il s'agît de parcourir ces cinquante kilomètres consécutivement, à 9 reprises. Et puis, la part du mental a elle aussi, énormément d'importance, d'où l'idée de demander aux gens de participer et de soutenir le projet."

Neuf jours riches en émotion

À deux jours du départ, la nervosité est inévitablement en train de s'installer. Il était alors impossible de ne pas prendre le pouls du côté du principal acteur de l'opération. "Je ressens un mélange de sentiments. Il y a, d'une part, une énorme impatience et beaucoup de joie, puisque c'est la concrétisation d'un projet qui a demandé beaucoup de préparation en amont, durant plus d'un an. Il y a donc cette joie de voir ce projet arriver à son terme, mais il y a aussi une part de doute. Il y a énormément de questions qui se posent. Je sais que ça ne va pas être facile, que ça ne sera pas une partie de plaisir et que les prochains jours vont demander un effort important. Mais je sais pourquoi je suis là, je connais la cause pour laquelle je cours et ça, c'est quelque chose qui m'aide énormément."

Aujourd'hui, il est difficile de ne pas déjà penser à l'arrivée à De Panne. "Une chose est certaine c'est que je serai très ému" déclare Thierry. "Je penserai évidemment à Orvile, puisque c'est lui qui a inspiré ce challenge et je serai très fier parce que je pense qu'il aurait voulu que ce genre de chose se produise. C'est-à-dire, que d'autres enfants comme lui, puissent trouver une issue heureuse à la maladie. Et donc, par le biais de ce défi, je me dirai que j'aurais apporté ma pierre à l'édifice."

"Finalement, le paradoxe de ce combat, c'est qu'il est né dans des circonstances dramatiques. Mais il se veut, plus que jamais, positif et tourné vers l'avenir." 

Un défi caritatif avant tout

"Le KickCancer Challenge, j'ai voulu en faire un challenge caritatif, avant d'en faire un défi sportif. Bien sûr qu'il s'agît d'un projet sportif. Mais il s'agît d'un projet sportif qui est, avant tout, au service d'une cause caritative. Mon but n'est pas de boucler ces 450 km le plus rapidement possible. Mon but est de récolter le plus de fonds possible pour financer la recherche."

Un appel au don a d'ailleurs été lancé. Il est possible de soutenir l'opération par un don ou par l'achat de goodies à l'effigie de l'action. Toutes les informations pour soutenir le KickCancer Challenge sont disponibles sur www.kickcancerchallenge.be .

Quentin Ferrière

Crédit image : Thierry Vandevelde