Une première innovante pour le Conseil communal de Nivelles


23 février 2021

Désormais, le Conseil communal de Nivelles est commenté et diffusé sur Twitch. Une façon d’apporter des informations politiques et techniques sur les dossiers qui y sont abordés. Un format unique en Belgique sur une plateforme de diffusion de vidéos en direct orientée jeunesse. 

Il s’agit d’une première en Belgique. Hier, lors du Conseil communal de la ville de Nivelles, les débats ont été diffusés et commentés sur Twitch, une plateforme de diffusion de vidéos en direct. Pour ceux qui l’ignorent, Twitch est devenue une référence dans le monde du jeu vidéo, avant de diversifier ses contenus. Rachetée en 2014 par Amazon, la plateforme a longtemps vécu dans l’ombre de Youtube avant d’exploser. Aujourd’hui, la moyenne mensuelle des vues est supérieure à 40 milliards de minutes et Twitch compte en moyenne plus de 997000 utilisateurs actifs à tout moment. Désormais, c’est le moyen le plus direct de s’adresser au 18-35 ans. 

Di Rupo, Magnette, Bouchez

Raison pour laquelle les politiques y ont de plus en plus recours. En Belgique, des personnalités comme Elio Di Rupo, Georges-Louis Bouchez ou Paul Magnette y sont déjà apparues, tandis que le Parti socialiste a lancé sa propre chaîne. Au niveau local, de nombreuses communes, pandémie oblige, ont profité de la simplicité de fonctionnement et d’accès de Twitch pour diffuser les Conseils communaux. À Nivelles, une démarche plutôt originale a vu le jour, lundi, lors du Conseil communal. Sous l’impulsion des Jeunes MR de la ville, il a été commenté en direct via leur chaîne Twitch. Une première en Belgique. "Deux choses nous ont amenés à ce projet", explique Nicolas Gallis, Président des Jeunes MR de Nivelles et au commentaire du direct. "De un, la ville reprend les lives sur Facebook du Conseil communal dont nous nous chargions depuis 2016. Il fallait qu’on se renouvelle. Je suis fan de Jean Massiet, un français actif sur Twitch, qui propose des lives lors des débats de l’Assemblée Nationale en France. Il commente les questions posées au gouvernement par les députés. On s’est inspirés de ça." 

Apporter un complément d’information à la population sur des dossiers, parfois, compliqués ou méconnus, sont au cœur de cette démarche originale. "ll y a beaucoup de points du Conseil communal qui passent à la va-vite, tout ce qui est démission, principe de mandats périphériques, les budgets, pourquoi on le modifie. Les citoyens n’ont pas toujours une vision claire sur tous les dossiers, certains remontent à plusieurs années. Le dernier exemple flagrant, c’est le cinéma, qui a duré presque 10 ans, voire plus. Le direct sert de remise en contexte, de tracer l’historique d’un dossier, de rappeler les faits, ce qu’il s’est passé, etc."

L’autre objectif est de capter un public jeune. "Nous cherchons à montrer aux jeunes, quelle que soit leur couleur politique, le pouvoir communal. Beaucoup de choses se décident, d’autant plus en période de crise, comme celle-ci. Le Fédéral a donné beaucoup de pouvoir aux communes, comme le port du masque. Donc, c’est toujours intéressant de remettre un coup de loupe là-dessus et de créer un dialogue."

Bienveillance et curiosité

À cet égard, M. Gallis considère la plateforme basée à San Francisco mieux adaptée que Facebook, par la bienveillance et la démarche personnelle de chaque utilisateur. "On voulait se différencier de Facebook, parce qu’on trouve que les gens sont bienveillants et plus curieux sur Twitch. On n’avait pas envie d’avoir un chat pollué par des gens qui viennent critiquer pour critiquer. Le but, c’est d’être pédagogique, d’avoir des gens qui posent des questions et de pouvoir prendre le temps d’y répondre au lieu de le passer à devoir contre-argumenter des gens qui ne sont pas là par curiosité, mais par simple opposition.”

L’émission se décline en trois parties: 30 minutes avant les débats, qui sert de briefing, la diffusion du conseil et ensuite, un débriefing au terme de celui-ci. Un traitement qui se veut dénué de toute démarche partisane. "Nous voulons expliquer de façon factuelle les choses qui se déroulent au Conseil communal et faire en sorte que les gens comprennent ce qui s’y passent et puissent se faire un avis. Évidemment, il y a des moments où je donne mon propre avis sur les dossiers, en fonction des questions qui me sont posées par les internautes. Dans l’absolu, c’est la base de l’interaction. Est-ce que ce sera une tribune pour les Jeunes MR et qu’on souhaite marteler nos idées? Non, ce n’est pas l’objectif. Est-ce que ça veut dire qu’on ne donnera jamais notre point de vue? Ca, c’est faux."

Si vous avez raté la première, le Conseil est disponible durant 14 jours sur la chaîne des Jeunes MR. Une première qui donne d’ailleurs des idées, puisqu’une émission est en réflexion. "À l’avenir, on aimerait décliner ce concept, en proposant une émission toutes les semaines pour parler de l’actualité dans Nivelles, avec des mandataires de la majorité et de l’opposition, selon leur envie, pour venir répondre aux questions d’actualité des citoyens nivellois au travers d’un chat. Ce serait intéressant de faire une émission hebdomadaire."

Loïc Struys

Crédit photo: capture d'écran twitch/jeunesmrniv