L’IPET de Nivelles fête ses 100 ans !


04 octobre 2019

L’Institut Provincial d’Enseignement Technique fête, cette année, ses cent ans ! Pour l’occasion, l’école organise un à deux événements par mois, durant dix mois. Et le premier, c’est ce vendredi soir à 19 heures, dans l’établissement. Il s’agit d’un défilé de créations sous le thème de la métamorphose. Ces créations sont réalisées par les élèves des options « mode » et « esthétique ». L’objectif de ce défilé : montrer de quelle manière une personne peut se métamorphoser au niveau vestimentaire, et aussi au niveau morphologique. « Les élèves d’esthétique vont démontrer le vieillissement de la personne, son embellissement. C’est à la fois un défilé qui met en avant des créations de vêtements et donc d’accessoires de mode, mais il montre aussi l’embellissement des personnes grâce au maquillage », affirme Carine Servranckx, directrice de l’IPET.

Cet événement est donc le premier d’une très longue série. Des conférences sur les relations entre jeunes et à propos de l’écologie, en passant par une marche à la découverte du patrimoine culturel et historique des environs nivellois, à la rencontre d’anciens élèves avec les jeunes d’aujourd’hui lors d’un souper en l’honneur des aînés. Le menu est bien rempli ! Le programme complet se trouvera sur le site de l’IPET dès l’ouverture de l’événement inaugural.

Une école qui vit avec son temps

Si l’IPET souffle ses cent bougies cette année, ce n’est pas pour autant qu’elle n’est pas moderne. D’ailleurs, le choix de « la métamorphose », le thème du premier événement, n’est pas anodin. « L’école a toujours été à l’écoute de la société dans son offre de formation », déclare la directrice. « En 1919, l’école a été fondée sur base des besoins économiques criants de la société à l’issue de la première Guerre Mondiale, en ouvrant la section coupe/couture qui permettait à un bon nombre de jeunes femmes des classes sociales modestes de s’émanciper culturellement et professionnellement », ajoute-t-elle. En effet, au terme de cette première Guerre Mondiale sanglante, beaucoup de femmes se sont retrouvées veuves et avaient un besoin capital de cette émancipation pour survivre et s’occuper de la famille qu’elle a fondée.
Aujourd’hui, en 2019, la femme reste au centre des préoccupations. Mais d’autre batailles de la société ont émergé avec le temps, comme les problématiques climatiques. C’est pour cette raison qu’une nouvelle section a vu récemment le jour : « technicien(ne) en environnement ».

J’peux pas, j’ai lecture !

Une autre marque de métamorphose et de cette qualité d’adaptation de l’école est ce tout nouveau projet, lancé cette année : « J’peux pas, j’ai lecture ». À une époque où le bât blesse peut-être dans la connaissance du français, le projet prévoit actuellement, une fois par semaine, une interruption totale des cours à 11h05 pour que tout le monde (tout le monde : les élèves, leurs professeurs et le reste du personnel scolaire) consacre 15 minutes de la journée à la lecture. Carine Servranckx y voit un grand intérêt : « Ce petit temps de pause permet de se recentrer, mais surtout, il permet d’avoir une meilleure connaissance lexicale et une meilleure aptitude à comprendre les consignes, ce qui a donc une retombée positive sur les autres matières de cours ». De quoi bien se préparer au Pacte d’Excellence qui arrive dans l’enseignement secondaire de l’IPET dès 2026. D’après la directrice, le concept plait et sera étendu pour que le moment « J’peux pas, j’ai lecture » soit étalé sur quatre journées de la semaine

Carine Servranckx conclut en établissant le bilan de ce premier siècle d’existence de l’IPET : « je trouve très intéressant de se dire que, déjà à l’époque, tout le monde réfléchissait en se disant que chaque jeune, peu importe son milieu a le droit à l’enseignement et à une ouverture culturelle. Il doit être surtout soutenu dans cet apprentissage pour accéder à un métier. Ça, c’est l’origine de l’école et aujourd’hui, nous sommes très fiers de voir le bilan de ces cent ans en voyant ce que l’école est devenue ».

En 1938, à la veille de la deuxième Guerre Mondiale, on comptait 437 élèves à l’IPET et à l’IPAM (filles et garçons étaient séparés à l’époque). Aujourd’hui, l’IPET à lui seul frôle les 1.000 élèves, signe de la bonne santé de l’Institut Provincial d’Enseignement Technique de Nivelles

Alexandre Antoun
Crédits photo : IPET