Les galipettes extraconjugales aussi interdites à Braine-l’Alleud


28 mars 2020

Vous êtes en couple depuis un certain temps et vous ne pouvez vous en contenter. Vous démarrez alors une petite aventure avec un(e) collègue, ami(e) ou parfait(e) inconnu(e). Vous prenez quelques risques mesurés pour voir cette personne afin de passer des moments intenses en cachette, à l’abri de celles et ceux qui pourraient vous reconnaitre et mettre à mal votre idylle.

Jusque-là, votre vie est parfaite. Vous bravez l’interdit, personne ne le sait et vous vivez sur un petit nuage. Ça, c’est jusqu’à l’arrivée des mesures de confinement…

Au début, ça allait… mais ça, c’était au début

Vous encaissez un peu la nouvelle en dédramatisant. Vous vous dites que ce n’est qu’une mini pause dans cette relation secrète. Vous tiendrez bien le coup avec quelques messages et vidéos Whatsapp vite effacés. Ce ne sera pas facile, mais vous tiendrez bon. Oui, sauf que les médias parlent d’un prolongement du confinement. Deux à quatre semaines en plus, euh non mais… ça c’est plus que ce que vous aviez pensé et le manque se fait davantage ressentir.

Son affection si tendre. Son regard unique. Sa voix rassurante et protectrice à la fois. Ces moments si magiques en étant enlacés dans une voiture, un Airbnb ou un café où l’on ne vous connait pas. C’est trop. Vous décidez d’utiliser alors votre créativité la plus profonde. On est quand même dans une situation inédite. A la guerre comme à la guerre. Et puis, votre amour interdit est en parfaite santé, donc ce n’est qu’une question de trouver un lieu à l’abri des regards. Et c’est là que vous vient cette idée de vous fixer rendez-vous sur un parking. Mais vous faites le tour des lieux de la région et vous n’en trouvez aucun qui soit suffisamment discret. A moins que celui de la gare ne le permette ? Il n’est pas en plein air celui-là, puis les navetteurs se font bien plus rares ces temps-ci. Personne ne nous verra, c’est sûr ! Voilà donc l’endroit idéal pour se retrouver. Il n’y a plus qu’à fixer le jour et l’heure, chose que vous vous empressez de faire avec les papillons dans le ventre.

Le parking de la gare de Braine-l’Alleud… Eureka !

Le soir même, vous passez plus d’une heure à parler de tout et de rien. A vous échanger de nombreuses marques d’affection. Vous vous dites que ce qui arrive est quand même terrible, mais vous n’êtes tout de même pas concerné par cette mauvaise grippe. Les gens qui meurent, c’est plutôt en Italie non ? Les cas sont quand même très rares en Belgique et d’autant plus en Wallonie. Donc autant se rassurer. Personne ne peut vous arrêter. Personne ne peut vous contaminer. Personne ne peut mettre fin à votre aventure qui vous fait tant de bien. Au diable les règles, il n’y a que nous qui comptons !

C’est alors que débarquent deux agents de police de Braine-l’Alleud sur le parking. Vu le faible nombre de voitures, vous êtes facilement repérés et l’on vous demande vos cartes d’identité. Ah bon, vous n’êtes pas résidents à la même adresse ? Mais que faites-vous ici alors ? Eh mince… l’ascenseur émotionnel en prend un coup. Et votre portefeuille aussi. Sans oublier que si l’amende arrive à la maison, c’est toute la famille qui risque d’être mise au courant. Avec toutes les conséquences que ça peut avoir… Oh la la … qu’avez-vous fait ?

Tout le monde est concerné

Si j’ai pris quelques minutes pour rédiger cette histoire inspirée de faits avérés, c’est que je tiens à vous. Auditeurs, visiteurs ou membres d’Ultrason sur les réseaux sociaux. Malgré les rappels des autorités et des médias, certains ne semblent pas avoir compris l’importance de rester à la maison.

Oui, in uw kot ! Jusqu’à ce jour, la zone de police de Braine-l’Alleud a dressé une trentaine de PV pour non-respect des mesures de confinement. Dont un au parking de la gare. Les zones de police des environs sont dans des constats similaires. Alors comme le rappelait hier Vincent Scourneau, le bourgmestre de Braine-l’Alleud, il est dangereux et donc interdit de vous regrouper dans des salles de sport, de vous entrainer sur des terrains de foot ou sur une piste d’athlétisme. Idem pour le RAVeL, le parc du Cheneau, ou de la Dodaine à Nivelles, les parkings autour des lieux de promenades à Braine-le-Comte, le long du Canal à Seneffe ou dans les champs discrets qui parcourent les entités de Genappe ou de Pont-à-Celles.

Si les amendes ne vous font pas peur, rappelez-vous qu’une trentaine de patients sont atteints du Covid-19 à l'hôpital de Braine-l’Alleud et déjà une dizaine à Nivelles car ils avaient pour certains sous-estimés les mesures prises par les autorités. Un nombre qui ne fait que croître de jour en jour.

Parmi eux, des personnes ne seront bientôt plus là…

Protégez-vous et protégez les autres.

Nicolas Boulart
Crédit photo: Pixabay