Les sportifs pros, les femmes, le handisport, … Les grands travaux de Valérie Glatigny


12 juin 2020

La ministre des Sports de la fédération Wallonie-Bruxelles, Valérie Glatigny, était cette semaine l’invitée de What the sport. L’équipe en a profité pour lui poser toutes les questions relative au déconfinement du sport.

Quels sont les retours que vous avez déjà eu jusqu'à maintenant ?

Valérie Glatiny : Ils sont très positifs. Les sportifs peuvent enfin envisager un bel été, un été sportif. Et donc, on est tous soulagé parce qu'on a vu l'importance du sport dans le bien-être physique et psychologique de la population. Durant le confinement, il y avait plein de Belges qui se sont mis ou remis au sport. Ce lundi, c'était la reprise du sport sans contact. Et puis les entraînements pour les sports avec contacts comme le judo, le foot, le volley, etc. Et donc, on a travaillé avec mon équipe sur les protocoles de reprise une fois qu'on a eu l'arrêté ministériel qui traduisait les décisions du Conseil National de Sécurité.

Est-ce que jusqu'ici, les consignes ont été globalement bien comprises, acceptées et appliquées par tous?

VG : Je dois saluer l'extrême compréhension et l'extrême maturité des clubs. Les sportifs étaient tellement attachés à la pratique sportive qu'ils ont mis en œuvre jusqu'ici scrupuleusement les protocoles. On le sait, ce n'est pas évident. Il y a quand même toute une série de règles à respecter : le lavage des mains, le respect des distances sociales. C'est pas évident, mais le retour en est extrêmement positif.

Comment voyez-vous la suite des événements ?

VG : Alors, la première ministre l'a dit, on est passé en phase 3 du déconfinement. Donc les activités sportives ont repris ce jour-là : l'outdoor, les exercices en amateurs ou professionnels. Les salles de fitness peuvent rouvrir moyennant évidemment le respect d'un protocole sanitaire qu'on a élaboré, la désinfection du matériel, etc. Les sports de contact doivent toujours se limiter à un entraînement sans toucher, par exemple la boxe ou le foot. Mais les enfants de moins de 12 ans, eux, peuvent reprendre ce sport de contact.

« Les efforts de la population nous permettent aujourd'hui de déconfiner le secteur du sport et on s'en réjouit. »

La prochaine étape, on en avait parlé, c'est le 1er juillet, avec la réouverture des vestiaires et des douches, puisqu'ils sont toujours fermés comme les piscines. C'est évidemment une étape attendue avec impatience.

Il y aura aussi la reprise des sports de contact sans restriction, les sports avec public : 200 places assises avec les distances de sécurité à partir du 1er juillet.

Ensuite, le 1er août, la reprise des événements sportifs d'ampleur aura également lieu. Donc, on va vraiment vers un déconfinement sans cesse plus important.

Bien sûr, il faudra garder en tête l'évolution de la pandémie.

Pour l'après COVID, Pour les années qui arrivent, quels sont les futurs gros projets de votre mandat ?

VG : Nous allons essayer de soutenir encore davantage les sportifs de haut niveau à trouver des pistes de financement alternatif. On a des sportifs de haut niveau, de très grands talents et on voudrait pouvoir augmenter le nombre de contrats pour soutenir la jeune génération dorée qui est devant nous et qui est en train d’exploser. Je pense que c'est très important dans une perspective olympique. Et puis il y a la reprise des championnats, etc. Donc, il faut soutenir cette pépinière de jeunes talents.

Je pense aussi qu'il faut renforcer la place des femmes dans le sport avec la mise en évidence de rôles modèles qui encouragent les petites filles à faire du sport.

On a réalisé une étude au niveau de l'administration qui montre que les filles décrochent du sport à l'adolescence et quand elles deviennent mamans. Donc, il faut travailler sur la pratique sportive des femmes à ces deux moments clés de leur vie.

Il n’y a aussi pas assez de femmes, on le sait, dans les instances dirigeantes de clubs et de fédérations. On peut mieux faire à ce niveau-là. Peut-être pas assez de femmes arbitre, non plus. Pas assez de femmes journalistes sportifs aussi. Là, c'est un métier encore un peu masculin.

Moi, je me souviens de m'être mise au sport parce qu’ Ingrid Lempereur m'avait fait rêver. Elle était une nageuse de la province de Luxembourg. Donc, je pense que c'est aussi en mettant en évidence les modèles féminins et les grandes sportives féminines que l’on peut encourager à la pratique du sport féminin.

Et puis, un soutien particulier aussi au handisport. Je pense que c'est très important de pouvoir continuer à financer le développement de nos sportifs porteurs de handicap. Je pense évidemment à Joachim Gérard, qui est joueur de tennis en chaise, originaire tout près de chez vous, à Limelette. Sa détermination me fascine et je pense nous fascine tous.

Et puis alors, on essaiera aussi de renforcer l'éthique dans le sport. C'est un point très important de prévoir des sanctions quand il y a des comportements qui ne sont pas en adéquation avec les valeurs du sport. Par exemple des cris racistes dans les stades.

Et puis, surtout, un dossier qui va nous occuper dans les prochains mois et les prochaines années, sans doute, c'est la relance du sport. Vous le savez, avec le confinement des clubs, des fédérations ont perdu beaucoup de rentrées parce qu'ils n'ont pas pu organiser des interclubs, des tournois, des play-off dans certaines disciplines. C'était justement maintenant qu'on les organise, au printemps et à l'été. Donc, il y a un manque à gagner et une trésorerie à reconstituer.

Et puis, il y a cet arrêt de la Cour Constitutionnelle sur le bénévolat qui impacte les clubs et les fédérations. Donc il y aura un point d'attention tout à fait spécifique à la relance du monde sportif dans son ensemble.

Elise Vandermeerschen avec Amaury Detroz

Crédit photo : Facebook/Valérie Glatigny