Une solution pour les dépôts de déchets à Pont-à-Celles ?


20 mai 2020

A Pont-à-Celles, les dépôts de déchets clandestins sont un réel problème. Malgré les dispositions prises par la commune, certains endroits sont devenus des mini-décharges au fil des ans. Comment les autorités abordent ce problème ? Qui sont les responsables ? Eléments de réponse.

Depuis plusieurs années, Pont-à-Celles a l’ambition de devenir une commune zéro déchet. En témoignent le relooking du parc à conteneurs, les affiches de sensibilisation et la mise à disposition de gobelets réutilisables pour les associations qui le souhaitent. Seulement voilà, le message ne semble pas être passé auprès de tous les citoyens. Des dépôts de déchets improvisés prennent ainsi place à plusieurs endroits sur le territoire pont-à-cellois. Ils semblent même s’être multipliés ces derniers temps. Une situation causée par le confinement ? Pascal Tavier, maïeur de la commune, n’est pas de cet avis : « je pense que la fermeture des parcs à conteneurs n’a pas eu d’influence sur les dépôts, qui sont un problème déjà observé auparavant ».

Un problème que les autorités locales ne peuvent pas toujours résoudre. « Nous remarquons des situations dommageables sur le territoire de notre commune mais nous n’avons pas toujours le droit d’agir, explique le bourgmestre. Nos ouvriers communaux ne peuvent intervenir sur les terrains privés ou sur les terrains publics tel que les voies navigables le long du chemin de halage ». Il arrive aussi qu’un amas de déchets prenne place sur un terrain appartenant à la SNCB. C’est le cas du dépôt qui se trouve Rue de Viesville, à Courcelles.

Procédure en cours

Le Conseil communal a donc lancé une procédure, juste avant le confinement. Discutée lors de deux réunions de concertation, le but de l’initiative est de pouvoir agir lorsqu’un dépôt se trouve sur un territoire qui n’est pas du ressort de la commune. Pascal Tavier : « nous voudrions informer la société concernée par le dépôt pour qu’elle vienne le retirer, dans les 15 jours. Si elle ne le faisait pas, nos ouvriers communaux s’en occuperaient et ce serait à la SNCB par exemple de régler la note ».

La procédure a été stoppée par la pandémie mais le bourgmestre espère qu’elle pourra être approuvée dès que possible. Pour cela, il faudra qu’elle soit votée par le Collège communal et acceptée par la SNCB et les autorités régissant les voies navigables.

En attendant, la Ville peut sanctionner les responsables des dépôts qui se trouvent sur son territoire légal. « Quand on trouve un dépôt, des agents constateurs de notre commune se rendent sur place. Ils essaient de relever des empruntes, qui sont ensuite transmises à la province. Cette dernière mène l’enquête et verbalise le responsable si les recherches sont concluantes », glisse Pascal Tavier. Il estime que des indices sont relevés dans 50% des cas. Cependant, si la personne en question est retrouvée, encore faut-il qu’elle soit solvable pour payer l’amende.

Une répression couplée à plus de sensibilisation

Comment expliquer que des personnes abandonnent leurs déchets en pleine nature plutôt que de les apporter au recyparc ? Cela reste un mystère pour le bourgmestre de Pont-à-Celles mais il avance tout de même plusieurs pistes : « il y a d’abord les gens qui ne sont pas déclarés et qui ne voudraient pas apporter les déchets provenant d’un travail illégal au parc. Une autre possibilité, ce sont les personnes en situation irrégulière, qui n’ont pas les papiers nécessaires pour se rendre au recyparc. » Parfois, l’explication est encore plus simple : il ne faut pas oublier que le nombre de kilos de déchets et de visites par personnes est limité.

A côté des actions répressives, la commune de Pont-à-Celles va continuer à sensibiliser la population, de manière préventive. « Dans les zones les plus touchées par les dépôts nous allons mettre des affiches de sensibilisation à la nature pour dissuader les coupables de recommencer », continue Pascal Tavier.

Le maïeur termine : « le collège comme les citoyens veulent éviter la multiplication de ces dépôts. Nous mènerons donc une action répressive dès que nécessaire. Le pollueur sera le payeur ».

Nathan Scheirlinckx